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C'est approuver l'erreur que de ne pas y résister; c'est étouffer la vérité que de ne pas la défendre Félix III

27 Jul

le respect humain

Publié par 1foicatholique  - Catégories :  #LA VERITE, #L' EGLISE CATHOLIQUE, #ACTUALITES

Une des racines les plus profondes de la crise actuelle de l’Église, c’est le respect humain. Il s’est emparé dans des proportions très larges des évêques, des théologiens, des prêtres et des laïcs. On ne veut pas être différent des autres, on ne veut pas se faire remarquer, on ne veut pas confesser sa foi, on ne veut pas aller à contre-courant.

Et c’est pourtant ce qu’on devrait faire, si l’on voulait défendre les trésors de l’Église contre les attaques des ennemis, si l’on voulait vivre en chrétien dans la société pluraliste du temps présent. Mais être seul, confesser sa foi, lutter, ce n’est pas précisément le fort de la majorité des hommes. Ils voudraient être comme les autres, ne pas se faire remarquer, ne pas avoir à se défendre, ni à défendre l’Église...

Les effets de l’œcuménisme et le mal immense qui en résulte pour l’Église

Ce qu’il y a de plus frappant, et ce qui est en même temps le plus lourd de conséquences, c’est le processus de protestantisation de la foi catholique, de la doctrine de l’Église. Le protestantisme est depuis sa fondation à la tête du démantèlement et de la suppression des vérités et des valeurs chrétiennes. Son existence consiste en effet à opérer une réduction de ce qui est catholique. Luther refusait entre autres la papauté, le sacerdoce sacramentel et le sacrifice de la messe.

L’œcuménisme catholique, c’est une manière d’esquiver la nécessité de défendre l’Église contre les attaques incessantes du protestantisme, en abandonnant continuellement les intérêts catholiques....L’une après l’autre, chacune des vérités et des institutions catholiques est minée par l’agitation protestante...tantôt c’est le Saint Sacrifice de la messe, tantôt la piété eucharistique, tantôt la dévotion mariale. Cette propagande consciente de son but et incessante a déjà réussi à jeter le discrédit sur maintes doctrines et coutumes auprès de nombreux catholiques. Je rappelle à titre d’exemple la doctrine catholique du mariage et la pratique des indulgences. Ici, d’innombrables catholiques se sont déjà approprié la conception protestante. La sacramentalité du mariage est largement abandonnée, selon le modèle protestant, ou en tout cas, elle s’est évaporée dans l’insaisissable. De nombreux théologiens catholiques ont adopté le point de vue protestant sur la question de l’indissolubilité du mariage, c’est-à-dire qu’il n’y a pour eux par principe aucun mariage qui ne puisse être dissous. Les projets consistant à faire du mariage civil l’acte par lequel on contracte le mariage (religieusement valide) dérivent de la conception protestante du mariage. L’usage des indulgences a cessé dans de nombreuses paroisses. Derrière cela, il y a des a priori dogmatiques contre le pouvoir de l’Église, le Purgatoire et la Communion des saints.

Une sage tactique conseille de déguiser en « œcuménisme » les objectifs bien connus, et de présenter les anciennes pressions sous une forme engageante... l’œcuménisme catholique conduit à priver les frères séparés de ce que l’amour du prochain oblige à leur donner de plus précieux : la foi catholique, l’appartenance à la véritable Église du Christ, les splendeurs des sacrements, la certitude de la doctrine.

L’amour du prochain interdit de mettre l’erreur au même rang que la vérité, ce qui arrive en fait, ou en tout cas est ainsi compris, dans presque toutes les manifestations œcuméniques. L’amour du prochain ordonne de tout mettre en œuvre pour convaincre les frères séparés du caractère indéfendable de leur position et les amener ainsi à la sainte Église...L’amour du prochain ordonne de dire aux frères séparés que le refus même d’une seule vérité de la foi sépare de l’Église du Christ.

L’exigence d’abandonner l’œcuménisme ne .signifie pas qu’il faille mettre un terme à l’aspiration vers la réunification ; bien au contraire, elle signifie qu’il faut y tendre sérieusement. L’unité de tous les chrétiens dans l’Église du Christ, c’est-à-dire dans l’Église catholique romaine, est l’objectif immuable et la tâche donnée par Dieu, à laquelle tous les catholiques se savent tenus par ordre divin.

Les effets de l’œcuménisme et le mal immense qui en résulte pour l’Église

La conviction que l’Église catholique est la seule organisation religieuse fondée par Dieu n’exclut pas la possibilité de l’effet de la grâce en dehors d’elle. La grâce de Dieu est libre. La grâce efficace de Dieu peut, en dehors de l’Église également, produire des vertus surnaturelles. L’Église catholique et les catholiques en particulier doivent non seulement être disposés à reconnaître le Bien et le Vrai où qu’il se trouve, mais encore le faire sien avec joie. Si protestant veut dire malheureusement le plus souvent anti-catholique, catholique ne veut pas dire anti-protestant. Catholique signifie universel dans la doctrine et dans la vie. Toute étroitesse d’esprit, tout endurcissement, toute présomption sont à écarter.

Il y a quelque chose à apprendre de tous les mouvements, car dans beaucoup de faux, il y a aussi du vrai qui est contenu. Du protestantisme aussi, il y a quelque chose à apprendre. Il faut seulement avoir la juste échelle pour pouvoir décider ce qui est digne d’être imité chez lui, et ce qui ne l’est pas. Cette échelle ne peut être autre que la foi catholique et la raison éduquée par elle. Ce qui s’avère juste, nécessaire ou utile devant la foi et la raison peut être repris sans scrupules, même si cela vient du protestantisme. Ce qui, par contre, ne peut pas tenir devant la foi et la raison ne doit pas être adopté, quelque soit l’usage qu’en fait le protestantisme, et quelles que soient les recommandations de l’esprit du temps, avec lequel le protestantisme entretient toujours une affinité particulière.

 Prof. Dr. Georg May-

Doyen de la faculté catholique de Droit canonique de l’Université de Mayence

 

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