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C'est approuver l'erreur que de ne pas y résister; c'est étouffer la vérité que de ne pas la défendre Félix III

02 Mar

Avec Saint Bernard en ce début de Carême: Tel un voyageur...

Publié par 1foicatholique  - Catégories :  #L'ESPERANCE, #LA FOI, #LA CHARITE

 

Heureux ceux qui, dans ce siècle pervers, se conduisent en voyageurs et en étrangers, et se conservent purs de toutes les souillures ! « D'ailleurs ce n'est point ici qu'est notre ville permanente, nous cherchons encore celle où nous devons habiter un jour (Hebr. XIII, 14). » Abstenons-nous donc de tous ces désirs charnels, comme il convient à des voyageurs et' à des étrangers, parce qu'ils combattent contre D'esprit. En effet, tout voyageur suit la voie royale, et ne s'écarte ni à droite ni à gauche: S'il aperçoit sur son chemin des hommes qui se querellent, il ne fait point attention à eux , s'il en voit d'autres qui se marient, 'qui se livrent au plaisir de la danse, ou qui font autre chose de semblable; il n'en continue pas moins sa route; il est voyageur et tout cela ne l'intéresse point. Il soupire après la patrie, il y tend de toutes ses forces.

Qu'il ait seulement du pain et des vêtements, il ne veut pas se charger d'autres choses. Il est bien heureux celui qui reconnaît ainsi, et déploré de la sorte son exil, en disant au Seigneur: « Je suis sous vos yeux, comme un étranger et un voyageur, tel qu'ont été nos pères (Psal. XXXVIII, 17). » (...) Il est certain qu'un voyageur peut facilement se trouver retenu ou attardé, en cherchant ou en prenant sur ses épaules, un peu plus de bagages qu'il ne faut (...)

 

Mais il faut que Jésus-Christ, vive en celui qui ne vit plus en soi; selon ce que disait l'Apôtre : « Or je vis à présent, ou plutôt ce n'est plus moi qui vit; mais c'est Jésus-Christ qui vit en moi (Gal. II, 20). » (...) Tout ce que le monde aime, les plaisirs de la chair, les honneurs, les richesses et les vaines louanges des hommes, tout est une croix pour moi. Au contraire, tout ce que le monde regarde. comme une croix, c'est à cela que je m'attache, à cela que je suis cloué, c'est cela que j'embrasse de toutes mes forces. Ce degré ne vous semble-t-il point plus élevé que le second et le premier degré ? Le voyageur, s'il est sage, et s'il n'oublie point qu'il est en exil, passe, bien qu'en se fatiguant beaucoup, et ne se mêlant guère aux choses du siècle. Le mort tient pour égaux à ses yeux les peines et les plaisirs du monde. Quant à celui qui; est ravi jusqu'au troisième ciel, il voit une croix dans tout ce qui captive le monde, tandis qu'il embrasse tout ce qui semble une croix au monde. On pourrait encore entendre ces paroles de l'Apôtre d'une autre: manière, en ce sens que le monde était crucifié pour lui à cause de ce qu'il souffrait par compassion pour le monde. En effet, il voyait le monde attaché à la croix par les liens de ses vices, et lui, il était crucifié pour le monde par les sentiments de compassion qu'il ressentait pour le monde.

 

 Que chacun de nous examine maintenant à quel degré il se trouve, et efforçons-nous de faire tous les jours de nouveaux progrès, car ce n'est qu'en nous avançant de vertu en vertu que nous verrons le Dieu des dieux, dans la céleste Sion (Psal. LXXXIII, 8). (...) nous sommes invités à cette époque de courte durée à réparer les négligences du reste de l'année, et à vivre de manière que, le reste du temps, on voie briller, dans notre conduite, des traces de cette sainte quarantaine. Efforçons-nous donc, mes frères, de passer ce saint temps dans les exercices d'une entière piété, et de travailler, en ce moment, à remettre en état nos armes spirituelles. En effet, à cette époque de l'année, il semble que l'univers entier marche en bataille rangée, contre le diable, sous la conduite du Sauveur. Heureux ceux qui auront vaillamment combattu sous un tel chef. Tout le reste de l'année, il n'y a que la maison du Roi qui soit sous les armes et; se tienne prête à la lutte. Une fois seulement par an, à un temps marqué, tout son empire se lève et forme une armée générale. Vous êtes bien heureux, vous qui avez mérité d'être de sa maison, et à,qui l'Apôtre a dit : « Vous n'êtes plus des étrangers qui soient hors; de leur pays et de leur maison; mais vous êtes les concitoyens des saints, les domestiques de la maison de Dieu (Ephes., II, 9)» Que doivent donc faire ceux qui, toute l'année, sont sous les armes, pour livrer bataille, quand ceux qui n'ont aucune expérience du métier de la guerre et qui s'en trouvent éloignés tout le reste du temps, prennent eux-mêmes les armes spirituelles ? Certainement ils doivent combattre avec plus d'ardeur que d'habitude, afin que la victoire soit plus complète et contribue d'autant plus à notre salut, qu'elle ajoute davantage à la gloire de notre Roi.

source: Septième sermon de Saint Bernard pour le Carême Sermons pour le Temps du Carême Tome III

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