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C'est approuver l'erreur que de ne pas y résister; c'est étouffer la vérité que de ne pas la défendre Félix III

05 Mar

 A quoi bon le jeûne ?

Publié par 1foicatholique  - Catégories :  #LA VERITE, #L' EGLISE CATHOLIQUE, #LA FOI

 

                   

Ecoutons saint Thomas d’Aquin (Somme théologique, 2a  2ae Q. 147 art. 1) : On y recourt principalement dans trois buts. D’abord, pour réprimer les convoitises de la chair. C’est pourquoi saint Paul parle de « jeûne et de chasteté » (2e aux Corinthiens 6, 5-6), car la chasteté est préservée par le jeûne. Et saint Jérôme dit que la luxure perd son ardeur par l’abstinence du manger et du boire. Ensuite, on jeûne pour que l’esprit s’élève plus librement à la contemplation des réalités les plus hautes. C’est pourquoi il est dit au livre de Daniel, qu’après un jeûne de trois semaines, il reçut une révélation de Dieu. Enfin, on jeûne en vue de satisfaire pour le péché. Aussi, est-il dit dans le livre de Joël :


« Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les pleurs et les cris de deuil ». C’est ce que dit Augustin dans un de ses sermons :

 

 

 

« Le jeûne purifie l’âme, élève l’esprit, soumet la chair à l’esprit, rend le cœur contrit et humilié, disperse les nuées du désir, éteint l’ardeur des passions, rend vraiment brillante la lumière de la chasteté ». (Sermon 73 sur la prière et le jeûne)

 

 

 Le jeûne est donc un moyen de s’abstenir du péché, de se tourner vers Dieu et de faire pénitence. (...)


Ecoutons encore saint Thomas, dans l’article 2 de la même question : Le jeûne proprement dit consiste à s’abstenir d’aliments. Mais, au sens métaphorique, il consiste à s’abstenir de tout ce qui est nuisible, c’est-à- dire surtout du péché. Bien entendu, il est plus important de se détourner du péché que de s’imposer de lourdes peines. Mais pourquoi opposer l’un à l’autre ? Au contraire, ce serait nous faire illusion que de croire que nous pourrons nous garder du
mal sans être capables de nous abstenir parfois de biens superflus.

 

 


Que demande précisément l’Eglise ?

 

 

Pendant des siècles, la discipline générale consistait à se priver de nourriture du Mercredi des Cendres au Samedi saint à midi, à l’exception des dimanches, en ne prenant qu’un seul repas par jour. Dans les premiers temps, l’usage du vin et de la viande étaient proscrits. Puis il fut admis que l’on pût prendre en plus une « collation » le soir, c’est-à-dire une soupe accompagnée d’un peu de pain, sans jamais de viande, et, le matin, une boisson non nourrissante accompagnée d’une petite quantité de pain. Tous les fidèles de vingt et un à soixante ans étaient concernés. La discipline, reprise par le Code de Droit canonique de 1917, s’adoucit au cours du XXe siècle, en particulier à l’occasion de la Seconde Guerre mondiale où la dispense fut accordée très largement en raison des privations auxquelles la plupart des chrétiens étaient soumis.

 

 

En 1966, l’obligation du jeûne fut réduite au Mercredi des Cendres et au Vendredi saint, ce qui fut repris par le Code de Droit canonique de 1983. L’obligation sous peine de péché grave n’existe donc plus que pour les deux jours cités.

 

 

 

 

Nous ne pouvons donc que recommander – et non exiger, ce qui serait nous arroger une autorité qui ne nous appartient pas – de maintenir le jeûne les vendredis de Carême, la vigile des fêtes de la Toussaint, de Noël, de la Pentecôte et de l’Immaculée Conception, et les mercredis, vendredis et samedis des Quatre-Temps, afin de se rapprocher de l’esprit de pénitence requis par l’Eglise pendant des siècles.

 


Rappelons aussi que l’Eglise accordait largement la dispense du jeûne, dès lors que son observation entraînait des inconvénients graves : ainsi, la maladie, la faiblesse, un travail fatigant, un long trajet à pied, exemptaient du précepte sans qu’il fût besoin de réclamer une permission au curé. De même, les boissons et les médicaments  ne rompent pas le jeûne, ainsi qu’une très petite quantité de nourriture… qui en diminuerait toutefois le mérite. Car, disons-le (...) il est bien vrai qu’on peut pratiquer le jeûne de manière parfaitement pharisaïque : ne faire qu’un seul énorme repas, rattraper en qualité ce qu’on perd en quantité, jouer sur les dispenses… Mais le Pharisien est surtout, ne lui en déplaise, celui qui s’acquitte à contrecœur de la lettre et méprise l’esprit de la loi. Si l’Eglise l’a toujours imposé, il faut lui faire confiance, et accueillir avec joie et humilité les efforts qu’elle nous propose : le jeûne n’est pas la punition d’une marâtre, mais la sage prescription de notre Mère… A nous d’en profiter.


Abbé L.-M. C-

Extrait: BULLETIN DES PRIEURES DE FABREGUES ET PERPIGNAN

 

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