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C'est approuver l'erreur que de ne pas y résister; c'est étouffer la vérité que de ne pas la défendre Félix III

04 Nov

Notre ligne de conduite

Publié par 1foicatholique  - Catégories :  #L' EGLISE CATHOLIQUE, #LA VERITE

Notre ligne de conduite

Il me semble que l’on peut comparer cette passion que souffre l’Eglise aujourd’hui à la passion de Notre Seigneur Jésus-Christ. Voyez combien ont été stupéfaits – les Apôtres eux-mêmes -, devant Notre Seigneur ligoté, ayant reçu ce baiser de la trahison de Judas, il est emmené. On l’affuble d’une robe d’écarlate, on se moque de lui, on le frappe, on le charge de la Croix, et les Apôtres s’enfuient.

Les Apôtres sont scandalisés : « Ce n’est pas possible ! Ce n’est pas possible ! ». Que celui que Pierre a proclamé « Tu es le Christ, le Fils de Dieu ! », en soit réduit à cette indigence, à cette humilité, à cette avanie… ce n’est pas possible. Ils le fuient. Seule la Vierge Marie, avec Saint Jean et quelques femmes, entourent Notre Seigneur. Eux ont gardé la foi, ils ne veulent pas abandonner Notre Seigneur. Ils savent que N.S. est Dieu, mais ils savent aussi qu’il est homme.

Et c’est précisément cette union de la divinité avec l’humanité de N.S. qui a posé des problèmes extraordinaires ! Car N.S. n’a pas voulu seulement être un homme. Il a voulu être un homme comme nous, avec toutes les conséquences du péché, mais sans pécher, hormis le péché, mais il a voulu en subir toutes les conséquences, la douleur, la fatigue, la souffrance, la faim, la soif, la mort. Jusqu’à la mort.

Oui, N.S. a réalisé cette chose extraordinaire qui a scandalisé les Apôtres, avant de scandaliser bien d’autres, qui se sont séparés de N.S. ou qui n’ont plus cru à la divinité de N.S. ! Tout au cours de l’Histoire de l’Église, on voit que ces âmes qui, étonnées devant la faiblesse de N.S., n’ont pas cru qu’Il était Dieu… c’est le cas d’Arius !

Arius a dit « Non, ce n’est pas possible, cet homme ne peut pas être Dieu ! Sans doute c’est un surhomme, c’est le premier-né, mais ce n’est pas Dieu ! Puisqu’il a dit qu’il était moindre que son Père, que son Père était plus grand que lui…il est donc plus petit que son Père, il n’est donc pas Dieu ! Et puis, il a prononcé ces paroles surprenantes : « Mon âme est triste jusqu’à la mort. »

« Comment celui qui avait la vision béatifique, qui voyait Dieu dans son âme humaine, et donc qui était beaucoup plus glorieux qu’infirme, beaucoup plus éternel que temporel, son âme était déjà dans l’éternité, bienheureuse ! Et le voici qui souffre et qui dit : « Mon âme est triste jusqu’à la mort. » Et qui prononce ces paroles stupéfiantes que jamais nous-mêmes nous n’aurions imaginé mettre sur les lèvres de N.S. : « Seigneur, Seigneur, pourquoi m’avez-vous abandonné. » Mais comment ? Comment lui-même peut-il dire cela ? « Pourquoi m’avez-vous abandonné ? »».

Alors le scandale. Le scandale se répand parmi les âmes faibles, et Arius entraîne presque l’Eglise toute entière à dire : « Non, cette personne, ce n’est pas Dieu. » D’autres au contraire réagiront et diront : « Mais peut-être que tout ce que N.S. a subi, ce sang qui coule, ces blessures, cette croix… tout cela c’est de l’imagination. En fait, ce sont des phénomènes extérieurs qui se sont passé mais qui n’étaient pas réels, un peu comme l’Archange Raphaël lorsqu’il a accompagné Tobie a dit ensuite à Tobie : « Vous croyiez que je mangeais lorsque je prenais de la nourriture, mais non, je me nourris d’une nourriture spirituelle. Ainsi, l’Archange Raphaël n’avait pas un corps comme celui de N.S.J.C., il n’était pas né dans le sein d’une mère terrestre comme N.S. naît de la Vierge Marie. Alors peut-être N.S.J.C. était-il un phénomène comme celui-là ? Et que semblant manger il ne mangeait pas, semblant souffrir il ne souffrait pas ! »

Et alors ce furent ceux qui nièrent la nature humaine de N.S.J.C. : les monophysites, les monothélistes, qui nièrent la nature et la volonté humaine de N.S.J.C. Tout était Dieu en lui, et tout ce qui s’était passé n’était que des apparences !

Voyez les conséquences de ceux qui se scandalisent de la réalité, de la vérité.

Alors je ferai une comparaison avec l’Eglise d’aujourd’hui. Aujourd’hui nous sommes scandalisés, oui vraiment scandalisés, de la situation de l’Eglise. Nous pensions que l’Eglise était vraiment divine, et qu’elle ne pouvait jamais se tromper, qu’elle ne pouvait jamais nous tromper.

Oui, c’est vrai, l’Eglise est divine, l’Eglise ne peut pas perdre la vérité, l’Eglise gardera toujours la vérité éternelle. Mais elle est humaine aussi ! L’Eglise est humaine, et bien plus humaine que N.S.J.C. ! N.S.J.C. ne pouvait pas pécher, il était LE Saint, LE Juste par excellence ! Mais l’Eglise, si elle est divine, et vraiment divine, elle nous porte toutes les choses de Dieu, et particulièrement la Sainte Eucharistie, des choses éternelles qui ne pourront jamais changer, qui feront la gloire de nos âmes dans le Ciel… oui l’Eglise est divine… mais elle est humaine ! Elle est supportée par des hommes qui peuvent être pécheurs, qui sont des pécheurs ! Et qui si ils participent d’une certaine manière à la divinité de l’Eglise, dans une certaine mesure, comme le Pape par exemple par son infaillibilité, par le charisme de l’infaillibilité, participent à la divinité de l’Eglise, cependant il reste homme, il reste pécheur, et en dehors des cas où il use de son charisme d’infaillibilité, il peut errer ! Il peut pécher !

Alors pourquoi nous scandaliser et dire comme certains, à l’image d’Arius : « Il n’est pas Pape. Ce n’est pas un Pape. » Comme Arius disait : « Ce n’est pas Dieu, ce n’est pas vrai, N.S. ne peut pas être Dieu ». Mais alors, nous, nous serions tentés aussi de dire : « Ce n’est pas possible, il ne peut pas être Pape, en faisant ce qu’il fait. »

Et comme d’autres, au contraire, qui diviniseraient l’Eglise, à tel point que tout serait parfait dans l’Eglise, et que « tout étant parfait dans l’Eglise, il n’est pas question pour nous de faire quoi que ce soit qui puisse s’opposer à quelque chose qui nous vienne de Rome, parce que tout est divin à Rome et que nous devons tout accepter de ce qui vient de Rome » font comme ceux qui disent aussi que N.S. était tellement Dieu qu’il n’était pas possible qu’il souffre, que c’était des apparences de souffrance, mais qu’en réalité il ne souffrait pas, qu’en réalité son sang n’a pas coulé, c’était des apparences que nous avions dans nos yeux, dans les yeux de ceux qui étaient autour d’eux, de lui, mais que ce n’était pas une réalité !

Alors il en est de même aujourd’hui de ceux qui suivent en disant : « Non, rien ne peut être humain dans l’Eglise, rien ne peut être imparfait dans l’Eglise ! » Ils se trompent aussi ! Ils ne suivent pas la réalité des choses.

Mgr Lefebvre – Homélie du 29 juin 1982

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