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C'est approuver l'erreur que de ne pas y résister; c'est étouffer la vérité que de ne pas la défendre Félix III

29 Nov

Les péchés de conversation

Publié par 1foicatholique  - Catégories :  #LA VERITE, #LA CHARITE

Les péchés de conversation

À quoi aboutissent tous les entretiens d’aujourd’hui, sinon à s’amuser aux dépens d’autrui, et à se jouer de la réputation les uns des autres ? C’est l’agrément de ceux qui parlent, c’est le plaisir de ceux qui écoutent ; sans cela les conversations tarissent, le monde n’a plus d’esprit ; avec cela chacun plaît, chacun s’insinue, chacun s’exprime heureusement ; ce vice est devenu si commun, qu’on est parvenu à ne s’en apercevoir presque plus : on s’est fait un point de sincérité et de bonne foi, de ne se rien dissimuler de ce qui est désavantageux à ceux dont on parle.

Les oreilles se sont accoutumées à cette espèce de langage, si peu charitable et si peu chrétien ; tout consiste aux manières ; car encore veut-on dans les péchés, même les plus cruels, garder quelque apparence de politesse. Une médisance grossière et insupportable, c’est déchirer sans pitié la réputation du prochain, c’est assassiner son frère inhumainement. Un honnête homme sait mieux vivre, il empoisonne avec art tous les traits de sa médisance, il commence un discours sanglant par une préface flatteuse, et disant d’abord du bien, pour faire mieux valoir le mal qu’il va dire, il pare la victime qu’il veut égorger, et croit qu’il est plus innocent, quand il jette quelques poignées de fleurs sur l’autel qu’il veut ensanglanter de son sacrifice.

Ceux mêmes qui se piquent de piété ne sont pas exempts de ce vice. Et cependant l’injure qu’on fait au prochain, la difficulté de la réparer, l’impression et le progrès que fait d’ordinaire une médisance, qui sert d’instrument à la passion des uns ou de nourriture à la malice des autres, et toutes les conséquences dont on est responsable, devraient faire trembler .

Combien les personnes qui sont consacrées à Dieu font-elles de fautes sans qu’elles s’en aperçoivent ! Combien d’infidélités à Dieu, combien de dérèglements dans leurs paroles ! combien de fois blessent-ils la conscience des faibles, par les mauvais exemples qu’ils leur donnent !

Il n’y a rien de si triste que la vue de nos péchés, quand ce n’est pas la miséricorde de Dieu qui nous les montre, pour nous exciter à l’humilité et à la pénitence. Jésus-Christ nous apprend que tous ceux qui font le mal ne peuvent souffrir la lumière, parce qu’elle les humilie, et qu’elle leur découvre ce que leur amour-propre leur veut cacher

Que nous reste-t-il à conclure ? sinon qu’il faut vous épargner cette honte. Dieu vous connaîtra tel que vous êtes pour vous punir ; connaissez-vous tel que vous êtes pour vous corriger. Faites vous-même aujourd’hui, par sa miséricorde, ce qu’il vous menace de faire un jour par sa justice. Travaillez à vous guérir, et non pas à vous cacher ; et, si vous ne pouvez voir sans chagrin le misérable état où vous êtes, ne cherchez pas de vaines consolations à vos maux ; cherchez plutôt de véritables remèdes.

Extraits: Oeuvres complètes d'Esprit Fléchier

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