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C'est approuver l'erreur que de ne pas y résister; c'est étouffer la vérité que de ne pas la défendre Félix III

10 Nov

la tolérance

Publié par 1foicatholique  - Catégories :  #LA MISERICORDE DE DIEU, #LA VERITE

 la tolérance

Pour les modernes, la tolérance repose tout d’abord sur un indifférentisme à l’égard des comportements et des opinions, auxquels sont donnés une égale valeur. Il n’y a pas de vrai ou de faux qui puisse les distinguer, pas de morale universelle pour les hiérarchiser et permettre de tenir ceux-ci pour bons et ceux-là pour mauvais. En cet ordre, les “valeurs” de “Pierre” ne sont pas supérieures à celle de “Jacques” ; si elles sont distinctes, elles sont simplement autres, c’est tout. Elles sont égales. Ce qui peut seul leur donner de la valeur, c’est leur poids. Et ce poids se mesure au nombre de ceux qui les partagent. La tolérance tourne alors en obligation sociale à proportion de l'étendue de ce partage, et l’intolérance caractérise celui qui se soustrait du solde de cette mathématisation éthique.

Le second caractère de la tolérance moderne, tient au fait qu’elle entretient, consciemment ou non, une confusion nécessaire entre les actes et les personnes. Celui qui exprime la pensée que tels comportements sont contraires à une morale objective, universelle, est accusé de juger leurs auteurs. C’est pourquoi le christianisme, qui s’autorise des jugements de valeur, est réputé être intolérant, fanatique. Cette confusion permet de dissoudre les résistances possibles. Qui, en effet, souhaiterait être publiquement fustigé comme un intolérant !? L’idéal est donc de n’être jamais pris en défaut ; et pour ne pas juger, il faut accepter, car le rapport entre acte et personne est à double sens.

Remettons un peu les pendules à l’heure. Et rappelons ce qu’est la tolérance pour un chrétien :

Tolérer, c’est supporter un mal que l’on ne pourrait empêcher sans risquer de créer un mal plus grand. La tolérance est ainsi, principalement, un comportement de gouvernant, que l’on se gouverne soi-même ou que l’on gouverne autrui. Elle ne consiste aucunement à accepter un mal, moins encore à lui reconnaître un droit quelconque au milieu d'autres droits légitimes. Elle consiste à se résoudre à le subir, pour la préservation du bien plus grand de la cité.

La tolérance, de ce point de vue, n’est pas une vertu. Elle est dictée par la vertu, qui est, principalement, la prudence, au regard du bien à sauvegarder. Elle est, sous ce rapport, un moindre mal. Cela ne signifie pas qu’un mal soit choisi pour lui-même, mais qu’il est jugé bon de le supporter pour la préservation d’un bien. L’agir humain doit être gouverné par la raison droite, et celle-ci est mesurée par le vrai et par le bien.

Contre l’idéal de gastéropode ambiant, il faut rappeler que juger est l’acte le plus élevé et le plus parfait de l’intelligence humaine. Si l’idéologie dominante, pour servir ses fins, confond résolument les actes et les personnes qui les accomplissent, le christianisme les distingue non moins résolument.

Laissons-là les modes des discours aller avec celles des comportements, et ne dédaignons pas l'effort de parler vrai pour penser juste.

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